Abstract

La première décennie du nouveau millénaire trouve Haïti dans une situation grave de mauvaise gouvernance et de corruption qui affecte sérieusement tout le pays ainsi que la vie nationale. Les institutions publiques continuent de se fragiliser au point de ne plus pouvoir offrir à la population des services de base de qualité.

Depuis le dernier quinquennat, l’ampleur de la corruption suscite la préoccupation du Gouvernement haïtien, celle des membres de la Société Civile organisée et celle des institutions internationales. La cote d’alarme a été atteinte quand, dans une étude sur l’Indice de Perception de la Corruption publiée en 2003 par Transparency International, Haïti s’est retrouvé classé en 3ème position parmi les pays les plus corrompus de la planète.

Des mesures concrètes, permettant de ralentir la tendance évolutive de la corruption au sein des institutions publiques, furent décidées et appliquées. En effet, à la diligence du Ministère des Affaires Etrangères, Haïti a déposé le 7 juin 2004 à l’Organisation des États américains (OEA) ses instruments de ratification de la convention contre la corruption. L’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC) a été officiellement créée en septembre 2004. Plus récemment, une Commission Gouvernementale d’Enquêtes Administratives sur la corruption a été constituée et a remis un rapport volumineux sur la corruption dans l’Administrations Publique au cours de la période 2002-2004.

Il ne fait aucun doute qu’une volonté politique irrévocable s’affirme en faveur de politiques publiques de bonne gouvernance et de lutte contre la corruption. La planification de telles politiques fait appel nécessairement à la préparation d’une enquête diagnostique approfondie sur l’état de la gouvernance et de la corruption. À cette fin, le Gouvernement haïtien, en partenariat avec les représentants de la Société Civile et avec l’assistance technique de l’Institut de la Banque Mondiale, a lancé en 2005 une enquête diagnostique approfondie sur la gouvernance et la corruption en Haïti afin de mesurer et situer les vulnérabilités institutionnelles pour un ciblage efficace des réformes. Cette alliance pour l’intégrité entre le gouvernement et la société civile a conduit à la création d’instruments d’étude adaptés au contexte haïtien, qui ont permis de recueillir des informations auprès des usagers et des fournisseurs des services publics afin de localiser les points précis de mauvaise gouvernance. Le Gouvernement haïtien, assisté de ses partenaires de la société civile, espère pouvoir s’appuyer sur les résultats de cette étude pour l’élaboration d’une stratégie nationale pour la gouvernance et la lutte contre la corruption.

Afin de promouvoir la transparence de ce processus et protéger la crédibilité de l’enquête diagnostique, le Gouvernement haïtien, avec l’appui technique de l’Institut de la Banque Mondiale, a lancé un appel d’offre à l’issue duquel BRIDES, une firme haïtienne indépendante, a été sélectionnée pour effectuer la collecte et l’analyse des données. Ce rapport présente les résultats de ces efforts.

L’enquête vise principalement à connaître l’expérience et la perspective des Haïtiens et Haïtiennes sur l’état de la gouvernance et la corruption dans leur pays. Le cadre de l’étude a donc été défini de manière à obtenir un vaste échantillonnage représentatif de la population. Cet échantillonnage s’étend à quatre sous-populations : les ménages (1072 personnes) les chefs d’entreprise (506 personnes), les fonctionnaires (906 personnes) et les organisations non gouvernementales (100 personnes). L’enquête a été conduite dans trois (3) zones : l’Aire Métropolitaine, Cap Haïtien et les zones frontalières. Le travail sur le terrain de l’enquête diagnostique a commencé en août 2005 pour s’achever en mai 2006.

 

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